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Histoires de JEA
Rencontre avec Kofi Annan ou la journée ordinaire d'une JEA...
Antonie Kraemer est Jeune experte norvégienne en poste à Madagascar.
"Ce fut sans doute l'apogée de ma carrière de JEA. Le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, ainsi que son épouse, Mme Nane Annan, viennent de quitter Madagascar après une visite de quatre jours sur l'île. En tant que Jeune experte associée chargée de la communication au sein du bureau du PNUD de Madagascar, j'ai apporté mon aide afin de rendre leur visite plus aisée, notamment en ce qui concerne les médias. Ainsi, un matin sur deux durant ces quatre derniers jours, j'ai pris mon poste à 6.30 au bureau de la délégation de l'ONU, établi à l'Hôtel Hilton à l'occasion de ladite visite, et ai aidé le porte-parole du Secrétaire général à effectuer une revue de presse internationale que M. Annan lit habituellement pendant son petit déjeuner.
Par ailleurs, j'ai également réalisé le résumé de la couverture de sa visite par les médias locaux. Ceci constitue un suivi de l'impact du voyage du Secrétaire général, lequel a manifestement contribué à la mise en valeur d'importants messages relatifs au développement. Par exemple, les visites à un centre sanitaire local ainsi qu'à un foyer de réhabilitation nutritionnelle, tous deux situés dans un quartier défavorisé de la capitale, ont généré de nombreux commentaires dans les médias concernant, d'une part, les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA, et, d'autre part, l'importance d'offrir de l'information sur la nutrition aux mères affectées par la pauvreté. De même, la visite du vieux Palais de la Reine surplombant la capitale attira l'attention sur la portée historique de ce site tout comme sur le travail réalisé par l'UNESCO en matière de préservation du patrimoine culturel national.
De plus, la rencontre de M. Annan avec les membres de l'opposition politique et ses recommandations quant au besoin de dialogue entre le gouvernement et les partis d'opposition furent recueillies et amplement commentées par les médias malgaches. Aussi sa visite a-t-elle sans aucun doute influencé le paysage politique de l'île avant les élections présidentielles de l'année prochaine.
Heureusement, la Responsable de l'information en fonction au Centre d'Information des Nations Unies (CINU) est une personne extrêmement compétente ; nous avons traité ces questions en duo car, étant malgache et ancienne journaliste, elle connaît mieux que quiconque les subtilités du paysage médiatique local et ce à un niveau que je n'aurais pu atteindre moi-même.

En fait, lorsque la visite du Secrétaire général fut annoncée, cinq jours seulement avant son arrivée, je me trouvais au sud-est du pays - dans la somnolente ville de Tolagnaro - collaborant aux préparatifs de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, que le Ministère de la population a célébré en ce lieu avec le soutien de l'ONU. Entre autres événements, nous avons mis sur pied une présentation des Objectifs du Millénaire pour le développement, où l'accent fut porté sur l'Objectif no 3, ainsi qu'une conférence sur les droits des femmes à l'attention des fonctionnaires du gouvernement locaux, des ONG et des associations de femmes ; ces manifestations ont éclairé quelques points intéressants au sujet du statut des femmes au sud de Madagascar. Les hommes participant à la conférence ont franchement admis que, dans la région, l'on accorde moins de valeur aux femmes qu'à un zébu mâle et à un fils. La réunion donna lieu à de nombreuses discussions sur ce thème.
De Tolagnaro, nous fîmes le voyage de retour en voiture : quelque 1.700 km, parfois sur de très mauvaises routes, car je désirais enrichir notre album du PNUD de photos de cette région méconnue - une autre raison étant mon envie d'un petit périple plutôt que d'un vol retour direct vers la capitale ! Il s'agit d'une facette de mon travail que j'adore : avoir l'opportunité d'explorer ce beau pays en compagnie de mes collègues locaux, lesquels peuvent me renseigner sur l'histoire et le contexte culturel du territoire que nous parcourons tandis que nous nous trouvons en présence de tombeaux magnifiquement sculptés et de solides gardiens de bétail du sud de l'île.
Ainsi, mes tâches durant ces deux dernières semaines - afficher les posters des OMD dans une ville isolée de la côte sud, parcourir 1.700 km de brousse de retour vers la capitale, travailler pour Kofi Annan et son épouse - donnent un bon aperçu de mon expérience comme JEA à Madagascar ; somme toute une authentique aventure."
Antonie Kraemer, mars 2006

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