Histoires de JEA


Jason Pronyk rejoint le Groupe d'appui aux opérations

Publié dans le Bulletin du PNUD en juillet 2004

 

Jason Pronyk

L'essentiel:
"Né à Winnipeg (Canada), cadet de trois garçons. Mes origines se situent quelque part entre Berlin et Moscou. Ma mère, descendante de colons allemands amenés en Russie occidentale par la Grande Catherine, est arrivée toute jeune au Canada après la Deuxième Guerre mondiale, pour se faire rapidement étiqueter "DP" ('displaced person', personne déplacée en anglais) par ses camarades de classe. Elle a épousé un Canadien de première génération, d'origine polonaise et ukrainienne. Ma famille immédiate s'est étendue depuis, ce qui donne au premier jour du printemps un sens tout particulier. Ma femme argentine et moi nous sommes mariés le 21 septembre 2002 à Buenos Aires."

 

Ce que je faisais:
"Après une longue période de convalescence à la suite de l'attentat contre les bureaux des Nations Unies de Bagdad, me voici de retour au PNUD. On le sait, nous approchons du premier anniversaire (le 19 août) de l'attaque à la bombe. J'étais dans le bâtiment au moment de l'explosion; je participais à l'évaluation des besoins menée conjointement par les Nations Unies et la Banque mondiale avec, entre autres, des collègues du Groupe des Nations Unies pour le développement."

 

A l'heure actuelle :
"Je suis arrivé à New York très récemment pour prendre un poste au Groupe d'appui opérationnel du PNUD. L'OSG a, entre autres fonctions, celles de mesurer l'efficacité du développement et d'appuyer en partie la mise en oeuvre des plans d'activité de l'Administrateur et du Cadre de financement pluriannuel du PNUD 2004-2007 (CFP/MYFF)."

 

Résumé des épisodes précédents :
"J’ai travaillé pour divers organismes de développement locaux, nationaux et internationaux pendant près d’une décennie avant d’entrer au PNUD. Au début des années 90, j’ai fait partie d’une petite équipe qui a établi une organisation à but non lucratif dans ma ville natale. Nous avons conçu et mis en œuvre des programmes de réhabilitation pour jeunes délinquants. Ceux-ci avaient le choix, lors de leur condamnation pour diverses infractions, entre notre programme pendant trois mois ou un an de prison. Peu après, j’ai travaillé avec des réfugiés soudanais en exil de longue durée en Ouganda, pas très loin de la frontière du Soudan et de la RDC. Après avoir obtenu ma maîtrise en études de développement à la Queen Elizabeth House de l’Université d’Oxford en 2000, je suis entré au PNUD-Afghanistan en tant que JPO, et je suis resté en Afghanistan pour assister au crépuscule des Talibans et à l’aube de l’Autorité de transition et de l’Administration intérimaire. J’ai travaillé ensuite au Bureau du Groupe de développement et au PNUD-Turquie avec d’atterrir au bureau du D-SRSG à Bagdad."

 

Heure de gloire:
"Avec une petite équipe et en conjonction avec une direction soudanaise émergente, nous avons tiré pleinement parti d’un don de 45 000 hectares de terres en grande majorité arables (don du Gouvernement ougandais aux Nations Unies). Avec de nombreux homologues, nous avons mis en place un établissement multisectoriel à l’intention des réfugiés, conçu pour être autonome et pour décongestionner un peu les camps de réfugiés surpeuplés à la base du Nil. Le but visé était d’amener les communautés à l’autosuffisance après quatre campagnes agricoles et donc à ne plus dépendre de l’aide internationale. Parti de zéro, l’établissement a atteint une population de 50 000 habitants en l’espace de trois ans, doté d’une infrastructure de santé, d’assainissement et d’éducation, avec des activités de création d’emploi et des interventions de développement connexes, notamment de transport et de commercialisation des récoltes."

 

Dernier livre lu - et apprécié:
"La biographie de Lance Armstrong, cinq fois gagnant du Tour de France, Chaque seconde compte, histoire profonde et inspirante de quelqu’un qui a relevé d’immenses défis personnels. Armstrong raconte sa lutte contre le cancer et son retour à l’apogée de sa carrière sportive. Un histoire d’endurance personnelle inspirante. Je viens de commencer à lire Emergency Sex and other Desperate Measures [Sexe d’urgence et autres mesures désespérées] (Miramax, 2004), écrit par des collègues de l’ONU aux prises avec des situations de conflit mouvementées pendant les années 90, Cambodge, Haïti, Somalie, Rwanda et Bosnie. C’est un livre qui se situe dans la tradition de Graham Hancock (Lords of Poverty – Les seigneurs de la pauvreté), Philip Gourevitch (We Wish to Inform You that Tomorrow We Will Be Killed With Our Families – Nous tenons à vous informer que demain nous serons tués, nous et nos familles) et Tim Cahill (Pecked to Death by Ducks – Picoré à mort par des canards). Les auteurs, Postlewait, Cain et Thompson, mettent en évidence le carrefour où se rencontrent l’esprit humain à l’état brut et l’optimisme du nexus secours-développement. Ils exposent à l’état naturel les limites parfois à vif de l’engagement et de la persévérance."

 

Une fois le costume tombé:
"En 2002, j’ai fait le marathon de New York. J’ai le plein air, le trekking, l’alpinisme et différents sports nautiques. Au début des années 90, avec le programme de réinsertion des jeunes délinquants (un programme du type Outward Bound, dépassement de soi), j’ai passé 200 nuits en plein air en un an, chose inhabituelle même d’après les normes canadiennes. Mes hobbies en milieu urbain : je lis, j’écris et, actuellement, je me contente de me réimprégner de l’énergie de New York."

 

Si j'étais Administrateur pour la journée …
"Si j’étais Administrateur pour un jour, je lancerais une campagne mondiale vigoureuse pour mobiliser les appuis en faveur de l'OMD 8, y inclus pour trouver un moyen de s’assurer que les pays consacrent 0,7 % de leur PIB au développement mondial. Je pense par exemple à des activités qui iraient de la simple campagne téléphonique à une « campagne miroir de l’APD » où les pays contribueraient, à sommes égales, à l’APD et aux dépenses militaires. Ça pourrait avoir un effet catalytique pour la communauté internationale et favoriser la réalisation des OMD d’ici 2015. Il faudrait aussi, cela va sans dire, des mesures de politiques d’accompagnement."

 

Ce qui me fait avancer:
"C'est un milieu de travail très privilégié. Non seulement on est entouré de gens venus d'ailleurs et de cultures différentes, mais aussi on est encouragé à prendre position sur toute une gamme de questions fascinantes et à s'impliquer. Rien que ça c'est inspirant."

 

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