Histoires de JEA


Questions-réponses d'un JEA : Michael Schaadt

JEA danois auprès du PNUD en Afghanistan, Michael Schaadt travaille sur les questions d'administration publique et développement des capacités.

 

1. Nom

Michael Schaadt

 

2. Lieu d'affectation

Bureau du PNUD à Kaboul - Afghanistan

 

3. Quelle est ta nationalité ?

Je suis né et j'ai été élevé au Danemark, dans la partie sud du Jutland, près de la frontière avec l'Allemagne. Mes parents sont également danois, ils ont vécu et travaillé toute leur vie au pays. Étant le benjamin des trois enfants, je n'ai pas eu l'opportunité de vivre à l'étranger avant l'âge adulte, contrairement à nombreux de mes collègues JEA.

 

4. Quelle est ta formation académique ?

J'ai commencé par étudier la géographie à l'Université de Copenhague en 1996, mais j'ai vite réalisé que ma véritable passion se trouvait plutôt dans les sciences politiques ; j'ai donc décidé de changer de direction.

Ainsi, en 1998, je me suis inscrit à l'Université de Roskilde (distante de Copenhague d'un court trajet en train), plus précisément au Département d'Études fondamentales en sciences sociales où j'ai pu assouvir mon engouement pour les sciences politiques et le développement international. J'ai finalement obtenu une double maîtrise d'études sur le développement international et en administration publique, et ce après présentation de mon mémoire sur le processus d'édification nationale et le rôle de la société civile dans le mécanisme de démocratisation au Timor Leste.

 

5. Quelle était ton expérience professionnelle avant d'être JEA ?

Pendant mes études, une fois conscient de mon énorme enthousiasme pour l'activité dans le domaine du développement international, j'ai travaillé à temps partiel au Ministère danois des Affaires étrangères, plus concrètement au Département pour l'aide humanitaire et la coopération des ONG. Il s'est agi d'un acquis précieux tant du point de vue de la familiarisation aux activités pratiques que du tissage d'un réseau de relations, ce qui s'avéra très utile, même après mon passage au Ministère.

Puis en 2004, l'on m'a proposé un stage de six mois au sein du Programme alimentaire mondial au Lesotho. Je fus notamment en charge des actions menées dans le domaine du VIH/SIDA. Suite à la (tant attendue) présentation de mon mémoire en août 2005, j'ai commencé à travaillé avec le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) dans le cadre de ses opérations d'urgence et de relèvement au lendemain du séisme dans la Province de la frontière nord-ouest du Pakistan. Mes principales responsabilités consistèrent à aider le directeur de programme dans ses tâches, qui allaient de la rédaction de propositions de projets à la préparation de rapports de situation, en passant par la présentation de rapports destinés aux donateurs. Mon expérience au Pakistan fut d'une grande intensité, par ex. entrant en activité dans un contexte de première urgence avec de longues journées de travail (un minimum de 14 heures par jour, sept jours sur sept).

Au cours d'une mission avec le NRC à Kaboul au printemps 2005, je décidai de présenter ma candidature pour le poste de JEA au bureau du PNUD en Afghanistan - poste que j'occupe actuellement - vu que je sentais un profond désir d'amorcer une nouvelle approche, cette fois en direction du développement, de la bonne gouvernance et du renforcement des capacités ; lesquels, par coïncidence, figuraient parmi les mots clés de la fonction.

 

 

6. Quelles sont tes fonctions en tant que JEA ?

Je suis responsable de la coordination, d'une part, de l'administration publique et, d'autre part, du renforcement des capacités - faisant partie du groupe pour l'édification de l'État et le soutien au Gouvernement -, ce qui implique un large éventail d'activités comme l'élaboration et la mise en œuvre de programmes et de projets, et la prise de responsabilités qui se focalisent sur des questions relatives à la réforme de l'administration publique et au développement des capacités au sein du secteur public.

De plus, ces derniers temps, j'ai assumé provisoirement la fonction d'officier responsable du Programme du PNUD pour le perfectionnement des cadres de la fonction publique, lequel vise à renforcer la capacité des principaux fonctionnaires de rang supérieur opérant dans les institutions gouvernementales prioritaires afin de contribuer à l'instauration d'une administration publique compétente et efficace. Par ailleurs, en raison de la situation sécuritaire en Afghanistan et de la nature des projets que je soutiens, mon affectation reste limitée à la zone de Kaboul. Cependant, je nourris l'espoir de - et je m'attends à - me voir offrir l'opportunité d'agir au niveau infranational, un secteur où, j'en suis convaincu, il y a énormément à faire .

 

7. Cinq mots au hasard qui te viennent à l'esprit en songeant à tes six premiers mois comme JEA

Sécurité, dévouement, accomplissement, responsabilité et opportunités.

 

8. Quelle est ta réussite professionnelle la plus enrichissante jusqu'à présent ?

À ce jour, il est difficile de choisir un succès particulier qui ressortirait, d'une part parce qu'il y a seulement six mois que je travaille en Afghanistan et, d'autre part, parce que mon activité est menée en étroite collaboration avec des collègues hautement qualifiés et entièrement dévoués, tant les nationaux que les internationaux.
Il y a cependant eu plusieurs réussites à une moindre échelle, dont je me sens néanmoins très fier ; à l'origine se trouve notamment l'appui direct aux projets, par ex. la mobilisation des ressources, la conclusion d'un contrat de partenariat avec une grande société de conseil et l'établissement de relations professionnelles soutenues avec nos homologues gouvernementaux.

 

9. Projets à l'horizon

J'aimerais à l'avenir continuer de travailler dans le domaine du développement international ; cependant, je ne sais pas pour l'heure si cela se fera au sein des Nations Unies ou avec une autre organisation internationale.

Personnellement, je trouve qu'il est important d'acquérir de l'expérience auprès de plusieurs organismes et d'apprendre autant de pratiques optimales que possible. Comme j'ai déjà opéré dans les champs de l'humanitaire et du développement, je reste ouvert à la possibilité d'y travailler également dans le futur, pour autant que cela me procure un sens et un enrichissement personnel.

 

10. Quelques conseils pour les futurs JEA ?

Le premier conseil que je donnerais à un/e futur/e Jeune expert/e est de garder un esprit ouvert à l'heure de décider pour quel pays ou poste de JEA opter. Travailler dans un pays en situation d'après-conflit m'a offert l'opportunité d'opérer sur un pied d'égalité avec tous mes collègues - de mes confrères JEA aux hauts fonctionnaires - et de me voir confié des responsabilités dont je ne suis pas certain qu'il eût été possible sur d'autres lieux d'affectation.
Deuxièmement, comme je considère que la fonction de Jeune expert/e constitue une sorte de cadeau offert par nos pays respectifs, il est essentiel de toujours entreprendre le parcours de JEA avec respect et tolérance.
Enfin, il est également important de conserver un esprit ouvert quant à l'aspect formatif de l'expérience dans son ensemble, ce qui est à la base de la mission de Jeune expert finalement. De même, il ne faut pas oublier de se faire plaisir (la vie n'en est que plus intéressante ainsi) et de profiter pleinement de cette expérience unique.

 

 

Le quotidien danois Jyske Vestkysten consacre un article à Michael Schaadt, jeune expert du PNUD en Afghanistan. Intitulé "Michael a fait le choix de l'engagement", cet article est disponible ici (en danois).

 

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