Histoires de JEATerence Jones une fois de plus sur la brèchePublié dans le Bulletin du PNUD, septembre 2003.
C'est une période de transition pour Terence Jones. Le mois dernier, le Chef du nouveau Groupe de développement des capacités assistait au mariage de sa fille unique, l'aînée de ses trois enfants. A peine le bouquet lancé et la dernière danse achevée, M. Jones se retrouvait à bord d'un avion à destination de New York, sa famille quelque peu incrédule à ses côtés, mettant ainsi fin à un séjour de 4 années aux Philippines. Ils n'étaient pas enthousiasmés à cette idée, reconnaît M. Jones en évoquant la réaction de ses fils, respectivement âgés de 13 et 15 ans, face à ce changement programmé, "car ils avaient beaucoup d'amis à Manille." Son épouse fut en revanche ravie de l'opportunité offerte de vivre dans une ville aussi vibrante et diverse. Pour Terence, le changement de vie est aujourd'hui devenu une seconde nature. Au cours de plus de trois décennies de travail au service de la fonction publique internationale, l'économiste d'origine britannique a officié dans des pays aussi différents que la Papouasie Nouvelle-Guinée et le Bhoutan, le Bangladesh et le Malawi. A chaque nouveau poste, il lui a fallu modifier sa manière de voir le monde car, souligne-t-il, "il faut chaque fois s'habituer à une nouvelle culture, une nouvelle histoire et une toute nouvelle relation entre le pays et le PNUD. Cela m'a toujours enthousiasmé." On ne s'étonnera pas, dans ces conditions, qu'une fois obtenu ses galons de jeune diplômé de l'Université de Nottingham, M. Jones résista aux appels des sociétés privées qui lorgnaient avec convoitise sur ses références en matière d'économie industrielle. Après avoir assisté à un séminaire sur le volontariat à l'étranger, il préféra rejoindre l'Association des volontaires du Royaume-Uni auprès des Nations Unies. "A l'époque, ils recherchaient principalement des docteurs et des enseignants," se souvient-il, "mais il s'est trouvé qu'une dizaine de places furent disponibles pour des économistes". Après s'être vu promettre une position au Nigeria, il fut furieux de se retrouver affecté à un poste en Grèce à la dernière minute. "Bien sûr, j'ai protesté vigoureusement, relate-t-il. La Grèce, ça n'était pas véritablement l'idée que je me faisais d'un pays en développement". Et cependant, cette mission se révéla des plus positives, l'amenant à obtenir un contrat permanent avec le PNUD. Vint ensuite un poste à Sydney, en Australie, une mission à laquelle M. Jones objecta également au départ, avant de découvrir que le programme de Papouasie Nouvelle-Guinée était géré de là-bas. Ultérieurement, il officia comme Administrateur régional au sein du Bureau régional pour l'Asie et le Pacifique (RBAP) de New York, avant de devenir Représentant résident adjoint au Vietnam et au Bangladesh, puis Coordonnateur résident au Bhoutan, au Malawi et aux Philippines. Entre-temps, il avait réussi à obtenir une maîtrise d'économie du développement de la New School de New York et à effectuer un détachement de trois ans à la FAO. C'est pendant cette expérience à la FAO que M. Jones a pris conscience du caractère unique de sa nouvelle position. "L'expérience interorganisations m'a été utile pour reconnaître les différences dans les mandats et les procédures, et trouver ensuite une manière de les synchroniser, indique-t-il. Quand j'ai commencé, le PNUD comportait beaucoup de généralistes dont l'approche était plutôt économique, et qui étaient préoccupés par le défi que représentait l'unification de notre travail de fond. Dorénavant, la tendance s'est inversée: nous pouvons nous spécialiser tout en incorporant des éléments de l'ensemble". Le Directeur du BDP, M. Shoji Nishimoto, est ravi de compter cette nouvelle recrue dans son équipe. "La richesse de l'expérience sur le terrain de Terence, de même que sa compréhension des besoins des Bureaux de pays sont des atouts pour nous, alors même que le Bureau continue de renforcer son appui en vue de répondre aux besoins des Bureaux de pays" souligne-t-il. M. Jones partage la vision, souvent réitérée, de l'Administrateur, selon laquelle le PNUD doit dans l'avenir intégrer ses tâches de promotion, de conseils en matière politique et de développement des capacités au sein du réseau mondial. "Je crois fermement dans le rôle discret du PNUD pour ce qui est de développer la capacité des pays bénéficiant d'un programme de pays, dit-il. J'emploie volontairement le terme "discret", car nous ne sommes ici ni pour la gloire, ni pour le mérite. Notre rôle est de contribuer à renforcer la confiance au sein des gouvernements, de la société civile, du monde des affaires et universitaire, et, par voie de conséquence, à faciliter les coalitions". Néanmoins, dans cette époque durable d'économies de bout de chandelle, M. Jones reconnaît qu'il est délicat de trouver un équilibre entre une réactivité discrète et des résultats démontrables. "Pour collecter de l'argent, il convient de mettre en valeur nos réalisations, admet-il. Les donateurs veulent savoir ce que nous faisons, et être convaincus de la durabilité de nos actions." "De plus en plus, on nous sollicite pour répondre à certains besoins en matière de développement d'une manière globale, continue-t-il. Si le développement humain est le "quoi" de la question, le développement des capacités est le "comment". Et notre approche à ce "comment" est parfois aussi importante que la réponse elle-même. Le PNUD s'enorgueillit de développer des capacités pour agir de manière plus efficace plutôt que de donner la priorité à des solutions immédiates à court terme. Je pense que cette approche garantit une durabilité plus importante." En vertu de cette approche, M. Jones estime que son groupe doit d'abord avoir un rôle d'appui. "Il ne devrait y avoir ni isolation, ni compartimentation des idées", dit-il. M. Jones cite la lutte contre le VIH/SIDA comme exemple. "Les Bureaux de pays ont effectué un énorme travail sur ce qu'il convient de faire pour faire évoluer la vision des gens et pour amener les gouvernements à répondre à la crise, estime-t-il. Avons-nous intégré ces expériences et leurs implications pour le développement dans son ensemble? En avons-nous tiré les leçons et les avons-nous appliquées à d'autres domaines, en intégrant des questions cruciales telles que l'égalité entre les sexes? Ce sera notre travail d'assurer que ces opportunités d'apprentissage sont pleinement explorées et intégrées." Le tout nouveau Groupe du développement des capacités combinera les anciens "Capacity 21" (aujourd'hui appelé "Capacity 2015"), le Groupe de la recherche appliquée et des politiques opérationnelles OPARG) et l'initiative Réformer la coopération technique (RTC). Pour l'heure, le Groupe est faiblement pourvu en personnel, une "foire aux emplois" étant planifiée pour les mois prochains en vue de le faire monter à pleine puissance. "Pour que le PNUD puisse fournir ses services avec efficacité, nous avons besoin d'avoir les bons instruments à notre disposition, indique M. Jones. Si nous ne sommes pas présents au bon moment et au bon endroit, nous perdrons notre avantage compétitif. Nous avons des idées et une expérience formidables, mais il nous faut trouver le processus adéquat pour les intégrer. Toutes ces années passées sur le terrain m'ont convaincu de l'intérêt qu'il y a à adopter une approche globale. Voilà pourquoi j'ai accepté ce défi."
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