Histoires de JEAUn avenir dans le développement internationalWesley Jickling est JEA canadien en fonction au bureau du PNUD en Ukraine.
1. Nom Wesley Jickling
2. Lieu d'affectation Bureau du PNUD à Kiev, en Ukraine
3. Origine Je suis canadien, né et élevé à Estevan dans la province de la Saskatchewan. Il s'agit d'une ville minière et agricole située au sud-est de la Saskatchewan, une province connue pour ses prairies interminables et ses grands espaces. En fait, cette région s'étend sur une superficie plus ou moins égale à l'Allemagne et la Pologne réunies mais elle est peuplée par moins d'un million d'habitants.
4. Quel a été ton parcours universitaire ? J'ai obtenu une licence en relations internationales à l'Université de Calgary (Canada), où je fus également le capitaine de son équipe de basket. Puis j'ai terminé une maîtrise d'études sur le développement et les relations internationales à l'Université d'Aalborg (Danemark), dont la thèse traitait du potentiel contenu dans les coalitions formées par les pays en développement/économies émergentes en vue d'atteindre de meilleurs résultats - non pas en faisant cavalier seul mais en organisant une coalition - avec pour base de départ le cycle de négociations de Doha pour le commerce international.
5. Tes expériences professionnelles avant d'être JEA ? Mon objectif, déjà durant mes années universitaires, était d'embrasser une carrière au sein de l'ONU. Ainsi, mes études terminées, j'ai occupé mon premier poste comme stagiaire au bureau de l'UNESCO de Brasilia, au Brésil. Il s'est agi d'un stage de six mois durant lequel j'ai participé aux campagnes de sensibilisation au VIH/SIDA réalisées par l'UNESCO. Ensuite, par le biais d'un programme gouvernemental canadien (SEJ - Stratégie emploi jeunesse), j'ai pu obtenir un autre poste de six mois, cette fois avec l'ONUSIDA au Swaziland. J'ai finalement travaillé pour cette agence pendant plus d'une année avant de rejoindre le bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) au Swaziland comme consultant. Je suis resté au PAM un semestre supplémentaire, puis l'on m'a offert cette affectation de JEA au bureau du PNUD en Ukraine en 2005.
Dans la zone d'exclusion de Tchernobyl
6. Quelles sont tes fonctions en tant que JEA ? Officiellement, je suis « Fonctionnaire chargé des partenariats stratégiques et de la mobilisation des ressources ». Tout un chapitre ! En pratique, mon travail se concentre sur la gestion des programmes et, actuellement, sur la coordination de l'ONU. A ce titre, mon rôle a consisté à normaliser le cycle de vie des projets ainsi que les processus d'activité pour le PNUD en Ukraine et, maintenant, à conseiller les directeurs de programme et de projet du PNUD au sujet de l'observation des normes et exigences figurant sur le Guide pour la gestion des résultats. Ce qui revient à dire que je passe énormément de temps traitant les projets individuels afin de « réaligner » leurs plans de travail existants, et concevant conjointement une stratégie basée sur les résultats, élaborant un cadre solide pour le suivi du progrès et de la qualité des résultats, formant et conseillant les directeurs de projet en ce qui concerne l'utilisation intégrale d'Atlas comme un outil de gestion financière et pour les résultats. Je soutiens les projets non seulement du point de vue de la conception et de l'organisation des tâches afférentes mais également en termes de présentation de rapports et de communication avec les partenaires et les donateurs. En ce moment, dans notre bureau, j'assume aussi la fonction de Spécialiste de la coordination de l'ONU, il est vrai de façon temporaire pendant l'absence de ma collègue pour congé de maternité. De fait, mes journées de travail sont maintenant bien plus longues et chargées, mais il s'agit d'un rôle très stimulant et j'espère pouvoir persévérer sur cette voie vers une nouvelle phase de ma carrière (je pense à la coordination de l'ONU, non pas aux longues et intenses journées de labeur).
7. Cinq mots au hasard qui te viennent à l'esprit pour évoquer ta première année comme JEA Ajustement. Du fait que j'étais nouveau tant au PNUD qu'en Europe de l'Est, j'ai dû procéder à un ajustement substantiel. Connaître et m'adapter au PNUD m'a pris du temps car je procédais de l'ONUSIDA et du PAM. J'insiste sur le fait que, venant d'une situation d'urgence au Swaziland (le VIH, une sécheresse persistante, des pénuries alimentaires), il m'a fallu du temps pour m'adapter au contexte du développement et aux dynamiques complexes inhérentes à la situation politique de l'Ukraine. Russe. J'adore apprendre des langues, raison pour laquelle je tenais absolument à acquérir la connaissance du russe (la plupart des habitants de Kiev le parlent comme langue maternelle). Cependant, j'ai vite réalisé que le russe est extrêmement complexe et d'un apprentissage très difficile pour les anglophones (qui n'ont aucun concept de la déclinaison). J'ai tout de même persisté avec les leçons de russe depuis mon arrivée ici et j'ai consacré de nombreuses heures d'étude aux manuels d'exercices et aux listes de vocabulaire. Après deux ans, je serais bien en peine d'affirmer que mon russe se trouve à un niveau intermédiaire. Je peux tenir des conversations courantes et communiquer les messages nécessaires mais je commets beaucoup d'erreurs. Je suis encore loin de le parler couramment. Manifestation. Depuis mon arrivée à Kiev, j'ai l'impression d'avoir assisté à une série sans fin de « manifestations ». Nous habitons près du principal parc de la ville - un endroit très agréable où il fait bon flâner et se détendre. Malheureusement, pendant des mois entiers, il est interdit d'accès car les « manifestants » de l'Ukraine orientale s'en servent comme terrain de camping et point de ralliement avant leur défilés impromptus à travers la ville. D'ailleurs, plusieurs fois par année ont lieu de bruyantes manifestations juste en face de l'édifice de l'ONU. Un grand nombre de problèmes sont soulevés devant notre portail. Défi. L'intégration dans le PNUD et le bureau de pays ainsi que l'obtention de bons résultats individuels constituèrent pour moi un défi très intéressant. Formation. On entend toujours des propos au sujet de la « formation tout au long de la vie » ; depuis que je suis arrivé au PNUD, je comprends parfaitement de quoi il s'agit. La quantité d'information et de formations auxquelles les personnels de l'ONU ont accès est vraiment incroyable.
8. Quelle est ton succès professionnel le plus enrichissant à ce jour ? Il est encore en cours ! Il s'agit de la mise en œuvre réussie du projet CEDAR en Ukraine. CEDAR (acronyme anglais) signifie : Renforcement des capacités pour l'atteinte de résultats réalisables. De fait, CEDAR est le nom donné par le siège de l'Organisation au processus de réalignement des projets existants sur les exigences stipulées dans le Guide pour la gestion des résultats, normalisant ainsi, d'une part, les processus d'activité (évaluation du projet, attributions du comité de projet) et, d'autre part, lançant et consolidant l'utilisation intégrale et correcte d'Atlas comme un outil de management des résultats. Je suis le responsable de CEDAR et nous progressons comme prévu en vue de la finalisation du projet au mois de novembre.
9. Comment vois-tu ton futur ? Sans aucun doute, mon avenir se trouve dans le champ du développement international. Ma préférence reste le système de l'ONU et, à court et moyen terme, le PNUD. Le travail que j'effectue actuellement est très intéressant ; j'aimerais le mener à terme et acquérir un peu plus d'expérience en matière de gestion des projets. Cela dit, je dois avouer que j'ai un penchant pour l'activité en situation de crise et d'extrême urgence. De mon point de vue, le travail de gouvernance et de développement des capacités réalisé au sein du PNUD est très motivant mais mon activité au Programme alimentaire mondial était plus enrichissante. Aussi, à long terme, je prévois de retourner au PAM.
10. Quelques conseils pour les futurs JEA ? La confiance en soi : il faut avoir pleine confiance en ses compétences et en la qualité tant de son travail que de ses idées. Afin de tirer le meilleur parti de ses années de JEA, il est nécessaire de prendre des initiatives : si besoin est, en définissant ses propres objectifs et en découvrant des opportunités personnelles afin de trouver sa place. Egalement importantes, l'adaptabilité et la disposition à accepter un large éventail de tâches qui ne correspondent pas obligatoirement à la description de son poste. Enfin, montrer de la considération pour l'opportunité que l'on s'est vu offrir et pour la culture dans laquelle l'on exerce ses fonctions.
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